Obésité
Obésité : d’autres idées reçues
Concernant l’obésité, de nombreuses idées sont reçues, certaines sont fausses et d’autres proches de la réalité. Aujourd’hui, penchons-nous sur les régimes, l’activité physique et les rapports sexuels.
Les régimes alimentaires fonctionnent à long terme. – Faux
C’est faux, car Il est rapporté qu’environ les 2 tiers des personnes qui perdent du poids le regagneront durant l’année suivante et presque toutes reviendront à leur poids initial dans un délai de 5 ans. Tous ceux qui l’ont essayé ont remarqué qu’il est très difficile de perdre du poids en suivant un régime alimentaire. Même une fois le poids perdu, le maintien de cette perte exige de déployer encore plus d’efforts.
Les quelques personnes qui réussissent à maintenir leur perte de poids (au moins 13,6 kg pendant au moins 1 an) ont généralement en commun des comportements et des stratégies qui comportent un régime alimentaire pauvre en calories et à faible teneur en graisses, un niveau significatif d’activité physique régulière, une surveillance périodique du poids du corps, etc. Il serait très peu probable que la majorité des personnes en surcharge pondérale puisse imiter certains de ces comportements hautement contraignants.
Il est à craindre aussi que les méthodes malsaines de contrôle du poids (jeûne, saut de repas, prise de laxatifs ou d’anorexigènes et autres) puissent même entraîner un plus important regain de poids pouvant exposer à des risques pour la santé. Toutefois, même si certaines personnes arrivent à atteindre une perte pondérale significative et durable grâce au régime alimentaire seulement, il serait souhaitable et même essentiel de poursuivre des objectifs de perte de poids réalistes dans un contexte de changement de comportements durables pour se mettre à l’abri d’énormes déceptions à l’origine de l’abandon de la plupart des efforts d’amaigrissement.
NB : Le regain de poids après amaigrissement ne devrait pas être considéré comme un échec, mais plutôt comme une conséquence évidemment attendue dans la prise en charge d’un problème chronique et complexe comme l’est l’obésité.
L’obésité est principalement causée par un manque d’activité physique. – Vrai
Le manque d’activité physique trouve sa forme la plus sévère dans l’état sédentaire. L’état de sédentarité se doit d’être compris comme une situation d’éveil caractérisée par une dépense énergétique proche ou superposable à la dépense énergétique de repos en position assise ou allongée. La sédentarité correspond au temps passé en position assise ou allongée dans la journée, en dehors du temps de sommeil ; que ce soit à l’école, sur le lieu de travail, lors des déplacements en transports motorisés, ou lors des loisirs, notamment devant les écrans. Cette modalité de vie sédentaire est connue pour favoriser la prise de poids, donc participer à l’apparition de l’obésité. Une étude conduite en 2016, chez des usagers sédentaires d’un marché au Bénin, trouvait un lien statistiquement significatif entre la sédentarité accrue et l’obésité, dans cette étude, les sujets dont le temps de sédentarité était de sept heures et plus étaient 85 fois plus à risque d’être obèses que ceux dont ce temps était inférieur ou égal à trois heures. Une étude menée en 2013 et portant sur des adolescents tunisiens d’âge scolaire, a démontré que l'augmentation du temps de sédentarité était associée à une augmentation significative de l'indice de masse corporelle et du tour de taille, donc de la surcharge pondérale.
L’activité physique est un bon moyen pour atteindre un niveau significatif de dépense énergétique. Elle varie en intensité, pouvant être faible, forte en passant par une intensité moyenne. Elle est très importante pour une perte pondérale dans les interventions visant une perte de poids. Un faible niveau d’activité physique peut contribuer à augmenter ou entretenir la surcharge pondérale. Une étude conduite chez des usagers sédentaires d’un marché au Bénin, trouvait une association statistiquement significative entre un faible niveau d’activité physique et l’obésité. En Arabie Saoudite, une étude sur la mesure de l’activité physique chez des garçons de 8 à 12 ans, a trouvé que les enfants actifs présentaient un pourcentage de graisse corporelle et un IMC significativement plus faibles que les inactifs et que les obèses étaient significativement moins actifs que les non obèses.
NB : L’activité physique à elle seule ne pourra pas faire baisser le poids de façon durable. Il est donc nécessaire de l’associer aux autres mesures de lutte contre l’obésité, à savoir l’amélioration de l’alimentation, le changement de comportement compatible avec une bonne santé, etc.
L'activité sexuelle, en brûlant un grand nombre de calories, permet de maigrir. – Faux
L’idée, tant rependue, selon laquelle l’acte sexuel pourrait être une activité physique à part entière et favoriser la perte de poids est un véritable sujet qui, depuis longtemps, nous intrigue. Certains affirment que faire l’amour brûle autant de calories qu’une séance de sport, d’autres par contre, estiment que son impact est minime. Cependant, comme dans toute activité physique, car l’acte sexuel en est une, la dépense énergétique dépend de son intensité, de sa durée, du poids et du métabolisme de chaque individu. Il est largement admis que l’activité sexuelle correspond à une dépense énergétique modérée, similaire à une marche à allure modérée et qui, hélas, ne dure pas longtemps.
NB : Ainsi, espérer un amaigrissement significatif par l’activité sexuelle doit être vu comme un véritable challenge manquant énormément de sérieux.
Publié par :
Dr AKE N'cho, MD, MPH
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