Obésité
Obésité : Approche par le changement de comportement (résumé)
Analyse des effets d’une approche de changement comportemental sur la perte de poids chez des adultes en surcharge pondérale
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Résumé La surcharge pondérale, de par sa fulgurante progression et de ces nombreuses complications, est devenue un véritable problème de santé publique expliquant l’urgente nécessité de la mise en œuvre d’actions concrètes permettant de lutter contre son extension. L’objectif de cette investigation était de mettre en œuvre une intervention basée sur un changement de comportement pouvant favoriser une perte de poids chez des personnes en surcharge pondérale fréquentant le centre de santé urbain à base communautaire d'Aboboté et de décrire les facteurs associés à leur état. Cette intervention qui s’est déroulée pendant le second semestre de l’année civile 2025, a enregistré la participation volontaire et éclairée de 117 personnes en surcharge pondérale et âgées de 18 ans et plus. Il a été proposé aux participants une méthode basée sur un changement de comportement connu pour être favorable à la perte de poids orientée sur l’alimentation, l’activité physique et les habitudes de vie. Les participants avaient en moyenne 43 ans dont la majorité était de sexe féminin (87,2%), près de la moitié était du secteur informel et du ménage (40%), leur poids moyen était de 101,1 kg avec une taille moyenne de 1,64 m et un IMC moyen de 37,5 kg/m2 avec 3,4% en surpoids et 96,6% obèses. Chez 2% de notre population d’étude, on notait des antécédents de pathologies associées à l’obésité, telles que l’HTA, la lombarthrose, la gonarthrose, l’asthme et le diabète de type 2. L’IMC moyen était significativement plus élevé chez les femmes (38,1 kg/m2) que chez les hommes (34,1 kg/m2) et l’obésité touchait significativement plus les femmes (97,1%) que les hommes (93,3%). Les moins diplômés (38,4 kg/m2) étaient significativement plus corpulents que les plus instruits (35,9 kg/m2) et les personnes du secteur informel et du ménage était de façon non significative plus en surcharge pondérale. L’alcool était consommé de façon indifférenciée dans les deux sexes et ne semblait pas avoir influencé leur état de corpulence. L’activité physique était pratiquée par moins de 15% des participants dont aucun n’avait déclaré avoir atteint les recommandations de l’OMS. La consommation de sucreries et le grignotage étaient retrouvés chez la quasi-totalité des participants avec à peine un tiers qui se souciait de la qualité de son alimentation. Le taux de rétention dans notre cohorte était faible (18,8%) à la 10ème semaine et très faible (5,1%) à la 20ème semaine. Au terme de notre intervention, seulement 5 personnes sur les 117 participants ont franchi le niveau de 5% de perte de leur poids initial et une seule a atteint la barre des 10%. Cette intervention montre bien que le chemin pouvant mener à l’amaigrissement est rude et fait appel à un total engagement qui reste nécessaire à la poursuite de ce défi. Il faut donc prendre au sérieux l’enjeux de la lutte contre l’obésité afin de mettre un terme à la souffrance de toutes les personnes concernées par cette pandémie qui nous fait courir un risque majeur. Mots clés : Obésité, surcharge pondérale, changement comportemental, amaigrissement, perte de poids. |
Commentaires sur le projet
a) Atouts
- Le présent programme d’amaigrissement par le changement de comportement permet de vraiment perdre du poids, car on a observé une chute pondérale moyenne de près de 5 kg en seulement 10 semaines. Et au terme des 20 semaines qu’a duré ce programme plus de la moitié des participants (66,7%) a franchi les 5% de perte de leur poids initial.
NB : ces résultats sont, certes, maigres mais encourageant, car d’autres interventions mettent 1 an (52 semaines) pour atteindre des résultats similaires.
- Cette intervention a fait le diagnostic de maladies associées à l’obésité, telles que d’HTA, la lombarthrose, la gonarthrose, l’asthme et le diabète de type 2.
NB : Ces maladies sont le plus souvent associées à l’obésité et la compliquent dans un cercle vicieux pouvant conduire au décès.
- Les femmes sont plus obèses que les hommes comme dans la plupart des enquêtes menées sur l’obésité.
- Comme dans la majorité des études, nous avons observé que moins un individu est diplômé, plus il est obèse et que les moins instruits sont les plus corpulents.
- Comme largement admis, notre étude a relevé que la quasi-totalité des personnes en surcharge pondérale étaient habituées au grignotage et à la consommation de produits trop sucrés.
b) Faiblesses
- L’intervention n’a duré que 20 semaines, là où les autres initiatives similaires atteignent les 52 semaines, soit près du triple du temps de suivi. Cette courte durée de suivi s’explique par un manque de moyen financier qui a complètement limité nos possibilités dans cette initiative.
NB : La recherche de la perte de poids est une activité à maintenir constante et à pérenniser pour éviter une reprise de poids après une perte, phénomène connu sous le nom d’effet yo-yo, qui pourrai conduire à un abandon de l’effort.
- Le très faible taux de rétention des participants, moins de 20%, alors que les autres études enregistrent plus de 60%, pourrait s’expliquer par un réel manque d’engagement des personnes en surcharge pondérale. Mais il pourrait aussi s’agir d’un déficit de suivi et de soutien de la part de tous les aidants, à savoir le personnel hospitalier, l’entourage familial, les réseaux d’amis (internet ou autres), voire de toute la société en général.
- La faible participation des personnes en surpoids (3,4%) pourrait s’expliquer par un manque d’intérêt de leur part, car ils ne perçoivent pas le danger de la surcharge pondérale ou ont-ils, tout simplement, fini par intégrer la corpulence comme un fait social positif.
Recommandations
- Il faut augmenter la durée de telles interventions afin d’espérer obtenir des résultats satisfaisants pouvant démontrer l’efficacité de ce type d’initiatives.
- Il faut tout mettre en œuvre, y compris des mesures incitatives, pour améliorer la rétention des participants dans de telles interventions faisant appel à une modification du comportement. Le maintien des personnes en surcharge pondérale dans un programme de perte de poids se doit d’être assez long, car le comportement pour être changé ou tout simplement être modifié, nécessite un suivi sur un temps suffisamment long pour pouvoir permettre d’observer le moindre changement.
- Il faut sensibiliser tout le monde sur le danger de l’obésité, notamment les personnes en surpoids et même les individus de corpulence normale, afin qu’ils ne progressent pas vers l’obésité.
- Il faut se concentrer sur la sensibilisation et la prise en charge de toutes les femmes, car elles sont plus successibles d’être en surcharge pondérale, très probablement pour des raisons de maternité, de sédentarité, de mode social, de considérations culturelles, etc.
- Il est nécessaire de sensibiliser de façon particulière les personnes moins diplômées ou faiblement scolarisées et celles à profession moins qualifiées aux dangers de l’obésité afin d’espérer les protéger et les garder en bonne santé.
- Même si dans notre étude, la consommation d’alcool ne semblait pas avoir influencé l’état de corpulence, c’est le lieu de rappeler que cette consommation se doit d’être modérée et ne doit être, en aucun cas, le motif d’une quelconque glorification, car son utilité reste loin d’être prouvé.
- Il faut sensibiliser sur le danger du grignotage et de la consommation de produits trop sucrés, car ils sont largement reconnus pour favoriser l’obésité.
- Il est nécessaire de trouver le financement pouvant permettre de conduire à bien de tels projets. C’est donc le lieu de lancer un appel à tous ceux qui se sentent capables de financer cette lutte de s’approprier ces résultats pour agir.
Tous contre l'Obésité !
Publié par :
Dr AKE N'cho, MD, MPH
tel: (+225) 01 03 48 7555 / 07 48 344 589
2 Commentaires
MOÏSE NIAGNE
il y a 1 jourProf. GOA Kacou
il y a 1 jour